jeudi 31 juillet 2008

Nouvelle gamme de compacts Panasonic: pixels et grand-angle à tous les étages

Panasonic s’apprête à lancer sur le marché une nouvelle gamme d’appareils photo numériques qui profitera pleinement de son association avec Leica, le spécialiste allemand des optiques de très haut de gamme, bien connu des amateurs avertis et des professionnels.
Outre l’augmentation de la résolution des capteurs, ces nouveaux appareils se caractérisent surtout par l’apparition d’optiques zoom offrant une vraie position grand angle, traditionnel point faible des compacts, ainsi qu’une ouverture importante facilitant la prise de vue en faible lumière.

- Le Panasonic DMC-FX37 est le successeur de l’adorable FX35 dont il reprend les contours et la taille, associé à un nouveau zoom optique Leica 25-125 mm stabilisé ouvrant à f/2,8 à 25 mm. Avec une résolution de 10,1 mégapixels, un autofocus dynamique amélioré et la possibilité de filmer au format 1280 x 720 pixels (à 30 images par secondes), il devrait rapidement devenir le chouchou de tous ceux qui cherchent un ultra-compact performant à glisser dans la poche en toute occasion. Le DMC-FX37 sera disponible en septembre, en finitions noire, chocolat ou blanche, au prix de 299 euros.


- Le Panasonic DMC-FX150 est un compact aux formes élégantes, destinés aux amateurs experts. Il offre une résolution de 14,7 millions de pixels associé à un zoom optique stabilisé Leica 28-100 mm doté d’une ouverture intéressante de f/2,8 à 28 mm. Outre le mode optimisé « tout automatique », le FX150 dispose également d’un mode manuel qui permettra à chacun d’effectuer ses propres réglages, et aussi d’un mode bracketing sur l’exposition et les couleurs. Ce dernier mode enregistre simultanément une version couleur, monochrome et sépia de la même image. L’ensemble de ces fonctions est géré par un nouveau processeur d’image baptisé Venus Engine IV, doté d’un réducteur de bruit que le constructeur annonce très performant, y compris à des sensibilités ISO allant jusqu’à 6400 ISO. Le DMC-FX150 profite enfin d’un mode vidéo HD qui permet d’enregistrer des films au format 1280 x 720 pixels à 20 images par seconde ainsi qu’en VGA (640 x 480) et WVGA (848 x 480) à 30 images par seconde. Un ensemble de caractéristiques qui met l’eau à la bouche ! Le DMC-FX150 sera disponible courant septembre au prix de 399 euros. Un tarif élevé mais logique, compte tenu de cette fiche technique « expert ».

- On retrouve le même processeur d’image et les mêmes possibilités de traitement d’image sur le nouveau bridge Lumix DMC-FZ28, doté pour sa part d’un capteur 10,1 millions de pixels associé à un zoom optique 18 fois ! Il s’agit d’un objectif Leica DC Vario-Elmarit 27-486 mm (en équivalent 24 x 36) d’ouverture f/2,8 - 4,4, stabilisé, qui offre une belle flexibilité dans un boîtier encore relativement compact. Ce dernier devrait être proposé en septembre à 429 euros.


- Enfin, avec le DMC-LX3, Panasonic a pensé aux amateurs de reflex, mais qui cherchent un appareil photo compact haut de gamme aux caractéristiques proches de ces derniers. Il est équipé d’un « grand » capteur CCD 1/1.63 pouces de 10,1 mégapixels, conçu pour offrir d’excellentes performances en basse lumière, ainsi qu’une qualité d’image élevée. Les pixels de ce capteur sont environ 45% plus grands que ceux que l’on trouve sur les appareils compacts traditionnels, ce qui permet d’augmenter la sensibilité de 19% et la saturation de 15% par rapport à un Lumix DMC-FX35.
Mais la nouveauté réjouissante vient surtout de l’arrivée d’un nouveau zoom stabilisé 24-60 mm (en équivalent 35 mm) : le Leica DC Vario-Summicron, qui affiche une ouverture de f/2 à 24 mm ! Voilà qui devrait réjouir celles et ceux qui aiment jouer avec la profondeur de champ et prendre des photos de concert à la volée dans la pénombre. D’autant que LX3 profite du processeur Venus Engine IV pour enregistrer des images en pleine résolution à 3200 ISO, et même à 6400 ISO en utilisant le mode haute sensibilité. Selon nos sources, il déclencherait en 0,005 seconde !
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, le LX3 peut enregistrer les fichiers en RAW afin de faciliter le post-traitement des images au sein d’un logiciel expert.
En matière d’utilisation, Panasonic dote ce bel objet au physique très « pro » d’un écran LCD 3 pouces de 460 000 pixels qui adapte son rétro-éclairage en fonction de la luminosité ambiante. Comme ses petits frères, son mode vidéo permet de capturer des petits films en format 1280 x 720 pixels, en WVGA et en VGA avec une fluidité de 20 images / seconde.

En option, le LX3 pourra bénéficier d’une lentille de conversion optionnelle de 18 mm, de filtres gris neutre et polarisant, d’un viseur optique externe en aluminium et d’un flash compact et puissant.
Le DMX-LX3 sera proposé à son lancement (en Septembre également) au prix de 499 euros. Nous ne manquerons pas de vérifier sur le terrain les avantages de cette fiche technique particulièrement alléchante !

mardi 22 juillet 2008

Rokia Traoré - Tchamantché


Rokia Traoré
est une artiste hors du commun. Cette auteur- compositrice- interprète malienne a su développer un style bien à elle en mêlant la tradition griot de son pays à des influences occidentales tout à fait contemporaines. Elle sort aujourd’hui un quatrième album, Tchamantché, qui mérite notre attention, tout du moins sur le plan artistique.


Bomboï, le précédent album de Rokia Traoré, reposait entièrement sur un concept acoustique porté par les traditions de l’Afrique, et cette voix, « impliquante » plus que sensuelle, qui la différencie clairement de ses compatriotes. Servi par une réalisation hors norme (un vrai délice à écouter sur un système haut de gamme, fort, bien sûr, de préférence !), il me sert toujours de référence lorsqu’il s’agit de juger des qualités de timbres et de la capacité de mise en espace d’un appareil hi-fi.

Avec Tchamantché, l’artiste dévoile une nouvelle facette de sa personnalité. On y retrouve, bien sûr, l’Afrique à travers ces chœurs maliens, le balafon, les percussions et la guitare typiques de ses compositions précédentes, mais aussi de nouvelles sonorités, à l’image des programmations, qui viennent habiller discrètement le background de « Douna », le premier morceau du disque. Dès le deuxième morceau, on éprouve aussi la volonté de l’artiste de se rapprocher de l’auditeur à travers un phrasé, une expressivité plus tendre et plus sensuelle, qui fait mouche dans sa simplicité.
« Zen », le troisième morceau, est chanté en français, un peu à la façon de Zazie, et profite du talent de Marcel Kanche qui en cosigne le texte avec Rokia. « Aimer », le quatrième, mêle le français et le malien, les instruments traditionnels africains et les ballets légers à la caisse claire, avant de se laisser porter par la voix de Rokia, rauque à l’occasion, toujours vibrante, qui nous entraîne dans une déclaration d’amour insoumise qui nous prend au ventre. Il ne doit pas être facile de capturer ce cœur-là !

"Kounandi" est une très belle ballade qui mêle la guitare de Sibi Koné à la harpe de Christophe « Disco » Minck. Une mélodie simple et lumineuse à laquelle la chanteuse apporte une sensibilité que l’on ne lui a pas toujours connue.
Cette magnifique princesse, qui porte sa fierté sur son visage comme un diadème, semble se dévoiler un peu plus au fur et à mesure que l’album avance, comme si elle se donnait complètement aux émotions qui l’habitent à travers une tendresse qui vient caresser l’oreille de l’auditeur.
Avec « Koronoko », on revient à quelque chose de plus conforme à ce que la chanteuse nous avait donné à entendre sur ses précédents albums. Servi par une mélodie qui avance, « Tounka » nous entraîne sur les pistes de terre rouge à un train d’enfer et toute l’expressivité sauvage dont Rokia est capable, à la fois rauque et fulminante comme une lionne.

Tchamantché profite du talent de Steve Shehan, impérial aux percussions. Un talent que l’on retrouve dans la lumière cuivrée du hang qui ouvre « A ou ni sou » (composé par Steve Shehan et Rokia Traoré) pour souligner avec subtilité la voix de Rokia jusqu’à l’extinction des notes des deux instruments.

L’album n’est pas fini pour autant, et il nous faudra attendre 30 secondes dans le silence pour découvrir une étonnante reprise de « The man I love » de Gershwin, portée par deux guitares, une basse puissante et la voix haut perchée de Rokia qui se laisse aller au swing langoureux de la mélodie avant de nous propulser vers l’Afrique : quand l’anglais se fait malien… Le bonheur du mélange des cultures à son paroxysme !

Un peu de technique :
Si la démarche artistique du disque constitue pour moi une réussite, tant on sent la chanteuse investie dans son désir de faire passer l’émotion à l’auditeur, on ne pourra que regretter la production du précédent album à l’écoute de Tchamantché. Pourtant servi par une brillante équipe constituée de Phill Brown (et Patrick Jauneaud pour certaines voix) à l’enregistrement, du même Phill Brown au mixage et du grand Bob Ludwig (excellent sur le dernier Radiohead !) au mastering, Tchamantché déçoit un peu techniquement, notamment en ce qui concerne la mise en espace et le timbre des instruments. Constituées de lignes claires et épurées, les mélodies auraient mérité une meilleure lisibilité à travers une neutralité mieux maîtrisée sur l’ensemble du spectre. C’est particulièrement flagrant sur la voix de Rokia, affectée d’une bosse dans le haut médium qui pourra apparaître fatigante, voire franchement agaçante sur un système audio haut de gamme. La scène sonore manque un peu de profondeur et le bas du spectre d’aplomb, alors que la dynamique est gérée avec un conservatisme qui étonne de la part de ces pointures, pourtant capables du meilleur. Si l’aspect technique du disque n’a donc rien d’exceptionnel, l’album mérite toutefois d’être écouté pour le talent, indéniable, de son auteur-compositrice-interprète.

Rokia Traoré
Tchamantché
Chez Universal Music

Retrouvez cette découverte musicale et bien d'autres sur EcoutezVoir magazine : www.evmag.f


A découvrir aussi:

Le précédent album de Rokia Traoré: Bomboï, dont les qualités techniques méritent à elles seules, déjà, le détour !

T-Bone Burnett – Tooth of Crime

T-Bone Burnett – Tooth of Crime
Or The almost ordinary evening of a solitary critic,
by Christian Izorce
(English version of the paper posted on July 21st)

The other night, with Antoine – whom I warmly thank for having accomodated me on his blog -, I went for dinner at a another friend’s place. This guy is known for having recorded many jewels in today’s music (jazz, world, sophisticated singers, …) and owns a very impressive high-fidelity system. During the night, he made us hear two songs by T-Bone Burnett … of whom I had heard many times, without having the slightest knowledge of what he does (beyond the clever “Humans from earth” from Wender’s “Until the End of the World” soundtrack !).
I dare admit that, but with a kind of a pain in the chest.
Title of the album ? True-False Identity.

A real smash in the face ! Brilliant ! Huge ! (It means nothing but I only found this to say)
Bought as soon as heard ? Not quite, since on the day after, at my grocery store (although well-stocked), they no longer had it for sale. But they were solding the very last opus of the audacious bluesman, released last May. Waoow, recorded on NoneSuch Records ? That cannot be bad … Right in the shopping bag !

Once back home, I set myself in the right mood : Le Fil by Camille (and its final, half an hour long « Ooom », a mere marvel), then La Mort d’Orion by Gérard Manset (historically psychedelic), and then, T-Bone Burnett and its all-fresh Tooth of Crime.




‘Cause I have a hollow tooth.
The feast was not over.
Ten pieces of pure bravery.
I have to tell you …


1. This is a damn hammering rock’n’roll piece ! A syncopating jerk ! A pushing, trombone-fitted swing. And T-Bone himself seems to be giving everyone the push, too ! One can figure him self-satisfied, showing scornful lips and an arrogant posture. It is called Anything I can say can and will be used against you. And this is just self-explanatory.

2. A rolling balad for two, sung with innocently innocent voices. Say, with respect to the title, Dope Island, and the lyrics (We lived outside the law/we struck with wild desire/…/But now the night’s gone dead/The hours filled with dread). Rythmic foundations are abyssal and the sound, gorgeously cavernous. Despite the lyrics, this could be this summer’s slow dance prototype.
What ? … Errr ? … Have slow dances really disappeared in 1982 ?

3. The Slowdown. Come on ! A manner of McCartney song, fresh and dancey, but like thrown in a mincer : chopped up small with capers, a drop of Tabasco sauce well at the center … and, yes, a fried egg with a bleeding yoke on top of it ! Just a bit repetitive and enjoyable like a march of draft resisters.
4. Blind Man, to whom we hang, a superb and expressionist duet by singer Sam Philips and guitarist Marc Ribot. A genuine track from a mere song-writer, very static, but beautiful and moving. This guy has a deep heart, really !

5. Again ? A sort of McCartney patty, whith tons of almost infrasonic boom-booms, plus strings topped with maple syrup. And this is called Kill Zone. Heavens ! Dear, where are we, really ?

6. What is this now ? Is it the string due to hang us that we hear at the beginning ? Gee. Oh no, this is a guitar ! … As a fact, this is Rat Age, but nothing to see with oriental horoscope. The voice is from outer-sewer, guitar is sound but subterranean, percussion and metal tube noises displayed as a large rainbow scenery (over a dark sky, still). An anticipation song that will make you stay away from sci-fi for ever. It pushes, not at higher speeds, but with haughtiness and authority. I quote some lyrics (by courtesy of the Dean of the University for Necro-Futurology) : “I was conceived in a behaviour station/Light years from civilisation/…/As earthman battle for their skins/I come down with the aliens …/ we’ve broken the genetic code/ And left it bleeding by the road” …And I’ll let you discover the sequel and end. This is worth a scream of hatred yelled right at one’s face … the face of those who will buy this record, and who are already convinced. That’s true, but still, this is worth saying.

7. It crawls like a rattlesnake that would endlessely whisper « Swizzle stick, swizzle stick ». It squeaks, but here again it moves, like a rusted tune which squeals but goes forward. In the end, this is an ultra-binary thing, rythmically speaking, but it is … venomous and epide(r)mic.

8. Telepresence (Make the Metal Scream). Surprisingly quiet ! Well, quiet, apparently. Metalised and out-of-phase voice which wraps and leads in a threnody in minor and descending mode. Heartrending as “Heartbreak Hotel”, John Cale’s version of course. See what I mean ? Well, it’s even better, only worse.

9. Here Come the Philistines. A kind of a sitll denouncing anti-rap , build as a revanchist litany against today’s society … and its leaders. Spangled with bitter and sharp guitar riffs. What a treat !

10. Sweet Lulabby. Just a little sweet thing before going to sleep, in the shape of a gentle balad with antique instruments and oriental-like ornaments. The voice frightens a bit, still. Oh, so little.


The readers of Ecoutez-Voir, maybe scared now, will be relieved by learning that T-Bone Burnett has long been, with some other main characters of the world’s rock scene (Neil Young just to name one), reluctant to the rise of digital technologies in the field of audio engineering. He has long been advocating for taking the most “analog” precautions to capturing sound when recording an album. Hence, his records (at least the most recent ones) are produced and recorded with the highest quality standards, and they are worth listening to through a very good audio system. Full range and holographic reproduction are a must ! One will then enjoy the very accurate and pin-point sound imaging, which brings another level of understanding to the songs. And for even more fear, the bass response of the system has to be exemplary. If theses conditions are respected, the thrill is garanted.


Did you get it ? One refers to T- Bone Burnett as we speak of the likes of John Cale, Dylan, Zappa, Captain Beefheart, Tom Waits. And the missing Waren Zevon, too.
And rigth after that, observe silence.


And many thanks to Philippe, who gave me the first bite.


The other steps of the journey :

Camille – Le Fil

















Gérard Manset La Mort d’Orion

















Special note for our English speaking readers :

Camille is a very inventive young french singer who blends all sorts of vocal performances (from tibetan singing to gospel), often in a cappella titles. Her world is rich and very, very original. Her songs are generally highly delightful and relaxing too.

Gérard Manset has been in music for forty years and more. He is a sort of a hidden and desperate lonesome cowboy in the land of french singers. He never appears live, and his albums are exclusively and entirely manufactured by himself (from composition, play, to recording and mixing). La Mort d'Orion (1970) is a bewildering collage of pure cosmic inspiration. A jewel in a black velvet case.